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Face aux accusations d'antisémitisme, le RN et Bardella optent pour la défense à outrance
information fournie par AFP 30/09/2026 à 20:18

Le président du RN Jordan Bardella à La Seyne-sur-Mer, dans le Var, le 27 septembre 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )

Le président du RN Jordan Bardella à La Seyne-sur-Mer, dans le Var, le 27 septembre 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )

Frappés de plein fouet par les accusations d'antisémitisme le visant, Jordan Bardella et le Rassemblement national ont choisi de répliquer tous azimuts, par la victimisation et l'intimidation. Une méthode éprouvée, afin d'instiller le doute pour mieux imposer sa vérité.

Le président du RN parle de "guerre totale" lancée contre son parti, appelle ses troupes à "sortir les casques lourds" car des "tentatives de déstabilisation vont (les) cibler un à un" à quelques mois d'une présidentielle dont ils sont les favoris.

Marine Le Pen va plus loin encore, dénonce une "barbouzerie", promet de "démonter" ces "manipulations bien lourdes et bien crasseuses" et suggère à Mediapart "d'enfiler son costard en kevlar".

Le site d'information, qui a rapporté des écrits antisémites datant de 2013 et attribués à l'actuel président du RN, est immédiatement pris pour cible.

"On parle de gens qui minimisent les atrocités du 7-Octobre", assène Jordan Bardella. Son fondateur Edwy Plenel, qui a défendu dans sa jeunesse Septembre noir et s'en est excusé, est accusé de s'être "réjoui" de l'attentat contre les athlètes israéliens au JO de Munich en 1972.

Les porte-parole se déploient pour ajouter que le média a été condamné cinq fois, bien que Mediapart indique que ce chiffre se rapporte à 7.000 enquêtes et 300 procédures judiciaires depuis sa création.

Ou encore que l'affaire dite du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy s'appuyait sur un faux document, quand la justice a conclu que la fameuse note était "probablement" fausse, tout en écartant toute intention frauduleuse des journalistes.

Puisque Jordan Bardella assure qu'il n'y a "rien à trouver" le concernant, toute l'énergie est consacrée à décrédibiliser l'adversaire et "démontrer (sa) véritable nature", résume Marine Le Pen.

Une plainte pour diffamation est annoncée, même si le parquet de Paris n'en a pas accusé réception pour l'heure. Une autre est déjà promise, pour faux et usage de faux, si jamais des documents venaient à être publiés.

En attendant, les cadres du parti minimisent. "Il n'y a pas grand-chose question preuves", dit un proche de Marine Le Pen.

"Soit vous avez une vidéo, soit je ne vous croirai pas", assène un haut dirigeant. Dans le même temps, l'entourage du chef de parti n'hésite pas à intervenir auprès de certains médias pour s'assurer de l'emploi du conditionnel.

Réflexe pavlovien

La méthode est vertement critiquée.

Raphaël Glucksmann pointe "la violence de la réaction" du RN, selon lui inscrite "dans son ADN".

Emmanuel Macron juge lui "inacceptables" ces "mots violents" contre la presse qui mènent "toujours à une escalade".

Loin d'apaiser le débat, Jordan Bardella se démultiplie en réactions. Sur X, il adresse une réponse lapidaire - et partiellement erronée - au chef de l'Etat, assurant qu'après le 7-Octobre, il avait "marché dans les rues de Paris" contre l'antisémitisme et s'était rendu en Israël, mais "pas lui". Le président de la République s'est en fait rendu en Israël dès le 24 octobre 2023, avant Jordan Bardella qui s'y est déplacé en mars 2025.

L'eurodéputé embraye ensuite avec un long message sur le même réseau social, se disant victime de "l'accusation la plus ignoble" l'ayant jamais visé.

Les médias ne sont pas épargnés non plus par les mots du chef de parti: parfois, le journalisme est "le prolongement, voire l'avant-garde, du combat politique dans lequel tout semble permis", assène-t-il.

Le parti à la flamme retrouve la "mentalité d'assiégé" décrite par ses vétérans, qui ont vécu de l'intérieur les multiples dérapages de Jean-Marie Le Pen. A rebours d'une patiente "dédiabolisation", sa fille renoue aujourd'hui avec la dénonciation d'un "système", selon elle prêt à "tout, y compris les trucs les plus dégueulasses, pour entraver (sa) dynamique".

La candidate du RN à la présidentielle française Marine Le Pen à Paris, le 28 septembre 2026 ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

La candidate du RN à la présidentielle française Marine Le Pen à Paris, le 28 septembre 2026 ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

La chasse aux conspirateurs est ouverte. Jordan Bardella évoque l'hypothèse d'une cabale ourdie par "des gens assez puissants" qui auraient "intérêt à déstabiliser cette campagne présidentielle" et jure de "se battre pour la vérité".

"Nous saurons qui est derrière cette manipulation", assure Marine Le Pen, persuadée que "de ce mal va probablement sortir un bien".

Quand on suggère à l'un de ses proches que la candidate a des accents trumpiens, celui-ci sourit : "Ce qui est important, c'est ce que dit la base, pas le microcosme".

5 commentaires

  • 23:31

    Dans le cas où médiapart ne donnerait pas de preuve crédible, la situation du président de la république serait très délicate. Macron se prononce contre Bardella, et pour Plenel sans la moindre prudence, et il le fait depuis l'étranger... La descente en flamme d'un politique par voie médiatique, on connaît ça. Fillon a été descendu en 2017. Macron a été élu. Quand on voit le résultat de 10 ans de gestion Macron, et un pays au bord du gouffre, on peut se poser des questions.


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